Licence 2. Création personnelle.
Température et Paysage
Nez dans le guidon
Mai 2025
Vidéo de 3 minutes et 37 secondes
Conditionnée à température ambiante, mon quotidien me met la pression.
Nez dans le guidon. Je roule, mais je ne vois rien. Juste le guidon, la route, l’asphalte qui défile. Le paysage ? Hors champ. Frustration. Mon regard bute, mon corps avance. Je suis là, mais ailleurs. Dans mes oreilles, ce n’est pas la campagne. C’est la ville. Le métro, les annonces, les portes qui claquent. Le quotidien qui grince. Le bruit du travail, du temps qui presse. Deux mondes qui ne se parlent pas. L’image dit campagne, le son hurle ville. Collision sensorielle. Et puis, à la fin, tout bascule. Le ciel s’ouvre. Vue panoramique depuis une tour de verre. La Défense. L’ordre, la hauteur, le contrôle. Mais dans le casque, des oiseaux. Le vent. La campagne revient, mais seulement en son. Inversion. Libération ? Peut-être. Confusion ? Sûrement. Je désynchronise. Volontairement. Pour faire entendre ce qu’on ne regarde plus. Pour faire sentir une température intérieure : tiède, instable, entre tension urbaine et désir de fuite. Le paysage devient mental. Fragmenté. À reconstruire. C’est une pratique du quotidien. Une poétique de l’ordinaire. Là où l’on ne regarde plus, j’écoute. Là où tout semble banal, j’ouvre une brèche. Le paysage n’est pas donné. Il est à chercher. À ressentir. À imaginer.