Licence 3. Initiation Création-Recherche.
Démonter, Remonter, Poétiser l’événement
Bonjour Liberté !
La liberté n’est pas un horizon
La catastrophe n’est pas à venir
Alors il reste le geste
Une pulsion de vie qui refuse de servir le sens
La liberté comme combustion spontanée
L’image fixe
La mort pour témoigner de la vie
”Ça a été”
Bonjour Liberté ! I
Décembre 2025
Vidéo de 60 secondes
Bonjour Liberté ! II
Décembre 2025
Vidéo de 60 seconde
Bonjour Liberté ! pointe le paradoxe de la liberté comme espace de conflit, où l'affirmation d'un système constitue la catastrophe de son opposé (idéal capitaliste versus idéal libertaire). Le démontage le la publicité Jeep (*) et son remontage en diptyque vidéo matérialise un choc avec un contre-montage sonore et visuel :
La liberté du capitaliste (vitesse, possession, domination du terrain) est la catastrophe du libertaire : elle l'enferme dans un système de contrôle et de consommation, transformant son espace de vie en une ressource exploitable.
La liberté du libertaire (autonomie radicale, geste pur, refus de servir le sens marchand) est la catastrophe du capitaliste : elle représente le chaos ingérable, l'image fixe, la fin de la prévisibilité.
Il n'y a pas d'harmonie possible, seulement une collision. Dans la progression de ce travail, je réalise que Darwin (en passant par Sartre et Nietzsche) peut éventuellement apaiser cette tension: la liberté n'est pas un droit, mais un processus de sélection. Le capitalisme et l'idéal libertaire sont deux stratégies de survie opposées. La catastrophe de l'un est le moteur de l'évolution de l'autre. Dans ce diptyque, la liberté est le nom de la pulsion qui dévore ses propres formes pour muter. C'est une vision darwinienne où la survie d'une forme de liberté implique nécessairement l'extinction de l'autre.
Une installation bi-écran refuserait la réconciliation. Le son de la publicité parasite les images de tragédie, tandis que le texte poétique sabote l'image de luxe. Le spectateur serait ainsi placé entre les 2 écrans matérialisant l’ambivalence de la liberté, et ne pourrait pas embrasser les deux vérités d'un seul regard. Il serait ainsi condamné, comme l'homme de Sartre, à choisir sa perception au milieu du chaos sonore et visuel.
Finalement la production pose la catastrophe non pas comme un événement futur (ou passé), mais comme le socle même de notre définition actuelle de la liberté.
(*) vidéo originale: https://www.dailymotion.com/video/xzxbse